« Les îles de Méditerranée, des espaces autres ? Représentations de la spécificité insulaire corse. »

Vannina BERNARD-LEONI - EHESS

Ce que l’on retient souvent de la conceptualisation de la Méditerranée, c’est une fonction de creuset entre deux rives, entre Orient et Occident, entre Europe, Asie et Afrique. L’échange de cultures et la rencontre de l’altérité sont bien au cœur du concept même, et a fortiori au cœur de la région éponyme. Dans ce vaste espace, il faut pourtant déceler aussi des figures de l’Autre plus relatives, des infra-altérités, d’un enjeu idéologique et géopolitique moindre, qui constituent presque des figures de l’altérité : les îles.
Elles couvrent environ 4% de la Méditerranée, inégalement réparties, et peuvent être poussières insulaires des mers Égée et Ionienne, ou grandes îles telles que Chypre, la Sicile, la Crête, la Sardaigne, la Corse. Sur le plan culturel, elles forment des passerelles qui oscillent en permanence entre fermeture et ouverture à « l’Autre » par l’intermédiaire de routes commerciales dont elles sont des escales maritimes. Terres d’exil, de refuge, et conservatoire de traditions, les îles méditerranéennes sont aussi devenues progressivement des îles laboratoires. Elles participent pleinement aux images et aux mythes de la Méditerranée, selon une double caricature, renvoyant d’un côté aux images idylliques des voyagistes, de l’autre à l’isolement et à l’archaïsme.
Leur réputation de monde à part a un vieil ancrage dans les foisonnants discours littéraires, scientifiques et médiatiques. Le concept d’insularité dépasse le simple fait géographique et comporte également une dimension socioculturelle. Et le nœud de cet concept est bien l’altérité entre île et continent.
Pour analyser précisément les représentations de cette altérité insulaire en Méditerranée, nous proposons d’abord de donner un rapide aperçu des représentations de la spécificité des îles de Méditerranée occidentales – où se situent les îles les plus grandes – avant de nous intéresser en particulier à un parangon de ces îles, la Corse, pour analyser enfin le dynamisme de la rhétorique insulaire en Corse, en lien avec la revendication d’une reconnaissance identitaire forte.

I. Représentations de la spécificité des îles de Méditerranée occidentale

Le fait insulaire en Méditerranée occidentale se caractérise par la présence de grandes îles – situées entre de vastes territoires continentaux. Aussi les représentations sont-elles souvent pensées depuis le continent, et les îles sont donc représentées comme « autres ». A travers un échantillon d’indices variés – mot, discours, statut politique – nous verrons ce que laisse entendre et ce que donne à voir l’insularité en Méditerranée.

A. La langue

Nous allons ainsi partir de la représentation a priori la moins idéologique : le mot, dans sa stricte vocation de désignation. Or, les langues romanes expriment la vision d’une mise à l’écart et connotent la spécificité, en adoptant sans doute un regard cartographique de mise à distance de l’île.
En latin déjà, l’île est perçue relativement à son éloignement et à son abandon potentiel. L’item « Insula » du dictionnaire [1] propose : « île : pâté de maisons formant un îlot entouré par des rues qui l’isolent comme la mer isole l’île ». Dans un glossaire de référence [2], certains exemples évocateurs sont apportés : « Insula : domus ab aliis separata ; insularis poena : exilium, relegatio in insulam. » L’île est un lieu de punition, où reléguer les bannis. Ainsi s’exprime le point de vue éminemment continental de la société romaine qui fixe la perception de l’île, territoire et société, dans l’ensemble de la Romania.
La langue française développe la même chaîne sémantique et étymologique, ainsi peut-on lire dans le Trésor de la Langue française [3] la définition suivante, après les définitions élémentaires : « île : entité administrative ; un quartier, une ville, une nation ». Le mot « entité » ici employé marque déjà bien la connotation d’autonomie, mais un coup d’œil aux mots corrélés permet de découvrir les notions suivantes : « Insularisme : Caractère de ce qui est insulaire, en particulier à propos de l’Angleterre. » « Insulation : Volonté d’un être, d’une communauté de s’isoler ».
Les connotations de séparation néfaste et anormale sont également au cœur de la langue italienne [4] : « cio che è, o appare separato, segregato, nettamente distinto da tutto quanto lo circonda, materialmente o idealmente. ».
Or cette association linguistique entre « île » et « isolement » n’est pas universelle, mais est bien le reflet sociolinguistique d’une réalité sociohistorique précise, celle de l’Empire Romain, centralisé et terrien. Dans d’autres langues, émanant d’aires géographiques et culturelles plus fortement marquées par l’insularité, il en va différemment. Ainsi, en grec ancien « Ile » se dit « nesos » un mot-racine qui ne dérive d’aucun autre et vise une réalité en elle-même. Rien dans la notion qu’exprime le mot, n’évoque la séparation, ni même la discontinuité d’avec une autre réalité. De même, en anglais, « island » [5] vient de « eiland », mot composé de « eig » lui-même dérivé de « ahwa » qui signifiait « water », (eau), avec le sens de « pertaining to water, watery, watered » ; et de « land » (terre). Enfin, en japonais, l’« île » (« shima ») se compose de « shi » (petit) et « ma » : dont un des sens primitifs proposés relève de « l’entre-deux », plus précisément de « l’entre-deux spatio-temporel ». L’île s’entend donc comme « intermédiaire entre des mondes duels », et c’est cette hybridité qui prime dans la perception de l’île. La notion d’isolement qui se rattache à l’île dans la famille des langues romanes est donc toute relative.

B. Tradition du discours savant et littéraire

Un rapide survol des discours savants relatifs aux îles laisse apparaître une tradition homogène qui pointe toujours la spécificité de ses espaces.
Un historien des études insulaires, Franck Lestringant [6] , explique que dès la géographie antique, les îles sont regroupées et rangées par catalogue parce que l’histoire des découvertes géographiques épouse l’histoire de la navigation. Les îles, terres d’escale, ont eu un rôle central : chez Strabon comme chez Ptolémée, ces espaces sont traités à part des continents, tandis que Diodore de Sicile leur consacre un livre entier de sa Bibliothèque Historique, intitulé Nesiotiké [7], et que Pline l’Ancien consacre une section particulière de son Histoire naturelle aux îles [8]. Les découvertes s’accélèrent avec les Temps Modernes et c’est à cette époque qu’apparaissent les premiers atlas composés uniquement de cartes d’îles : « Isolarii » en italien, « Insulaires » en français qui connaissent un essor ininterrompu du XV° siècle au XVIII° siècle. Les descriptions que comportent ces isolarii, évoquent souvent des îles « nageantes », des habitants chimériques, dans la lignée du merveilleux de la Renaissance, où la frontière entre découverte scientifique et découverte d’imaginaire est ténue.
Avec les Lumières, des typologies rigoureuses apparaissent, et la géographie émerge comme science véritable, mais le vieux discours désignant l’île comme objet à part perdure. Son particularisme géographique induit même la singularité de ses habitants, et ce déterminisme géographique inspire bientôt d’autres disciplines, dont la psychologie : Abraham Moles définit la notion d’îléité : « Puisque l’île est un espace fermé par une frontière naturelle avec la mer, les hommes des îles sont des frontaliers, et contrastent avec les hommes du continent. L’île est un contour et ses limites sont aussi des ruptures comportementales » [9]. Il donne ainsi naissance à la nissonologie – science des îles – qui consacre le principe d’une culture insulaire façonnée par la dialectique ouverture/fermeture. Cette rhétorique sera abondamment reprise en littérature où la figure de l’île devient objet de fascination et de mythe. De nombreux ouvrages et colloques explorent la fortune littéraire du motif de l’île au fil des âges et des cultures [10].
Mais sur le plan politique aussi, les îles, notamment en Méditerranée, jouissent d’un certain aparté.

C. Statut politique particulier

Si la plupart des îles du Pacifique ou des Caraïbes sont devenues indépendantes, dans l’ensemble méditerranéen, seuls deux États insulaires sont indépendants : Malte, indépendant depuis 1964, et Chypre, indépendant depuis 1960. Néanmoins, à l’exception de la Crète et de Djerba, les autres grandes îles de Méditerranée occidentale se caractérisent par un statut d’autonomie ou un statut spécifique qui confirme une altérité par rapport au continent, quel que soit ce continent national. Ainsi la Sicile est autonome depuis 1946, la Sardaigne depuis 1948, les Baléares depuis 1983 (mais bénéficiaient d’une pré-autonomie depuis 1979, soit un an après la constitution de l’Espagne). La Corse a un statut spécifique depuis 1982 (qui a connu des évolutions en 1991 où la Collectivité Territoriale de Corse se substitue à l’Assemblée de Corse). On précisera en outre que des mouvements indépendantistes existent quasiment sur chaque île, témoignant de volontés séparatistes par rapport au continent national.
Ainsi les représentations particularistes des espaces insulaires sont-elles le fait des continents, mais aussi des insulaires eux-mêmes. Pour observer comment se forge dans l’île même ce discours altéritaire, nous nous proposons d’observer ici une île en particulier : la Corse.

II. Zoom sur les représentations de la spécificité insulaire corse

En Corse, la représentation de l’insularité connote et souligne la spécificité. On peut d’ailleurs éprouver la méthodologie précédemment utilisée pour voir comment les représentations les plus a priori désintéressées, expriment déjà cette séparation : mots et images seront analysés pour dégorger les différenciations qu’ils sous-tendent.

A. Les mots « île » et « insularité » : le lien avec l’isolement

A l’entrée « isula », le dictionnaire Ceccaldi, [11] ne propose pas de définition. Il renvoie à un autre mot, « solu », à l’entrée duquel on trouve une liste de mots que l’auteur lui associe étymologiquement. C’est ainsi que le mot « isula » (île) est ainsi associé à « Sulitudine » (la solitude), à « desulà » (désoler), à « isulamentu » (l’isolement). Si le renvoi à ce dernier vocable est linguistiquement légitime, ce n’est pas le cas des deux autres rapprochements. L’étymologie proposée pour « isula », à partir de « solu » est fautive. Les autres dictionnaires de langue corse ne suivent d’ailleurs pas le Ceccaldi sur ce point, mais dans le dictionnaire en ligne, correspondant à la base de données de la langue corse INFCOR [12], nous trouvons « isulà, isolà : Staccà da ciò chì hè à l’intornu.- Alluntanà, mette solu : isulà un malatu, un prigiuneru.- Toglie tutte e relazioni cù qualchidunu o cù parechji : isulà una persona, un statu.- Figurativu. Cunsiderà à parte : isulà una frasa, una parulla da u so cuntestu.- Figurativu. Prutege da influenze termiche : isulà l’interiore d’una casa.- Sinonimi : scartà, staccà, spiccà, separà, chjude, segregà, rilegà, cunfinà. » Ici aussi est développé le lien avec la solitude, puisque le verbe « isulà » signifie « mette solu » (mettre seul) et « isulassi » signifie « ritirassi solu » (se retirer pour rester seul). Les synonymes proposés pour ces verbes sont également riches en connotations négatives : (s’)écarter, (se) séparer, (se) détacher, (se) fermer, ségréger, reléguer, confiner, s’exiler. Inspirés par la langue, les écrivains corses sont nombreux à exploiter poétiquement le lien entre « solitude » et « île » dans des textes aux titres éloquents, tel que Isula sola [13] qui redouble la solitude de l’île, ou Isolitudine [14], mot-valise qui agglomère « isola » et « solitudine » pour créer un substantif d’état qui pourrait désigner l’état d’âme nostalgique de l’insularité.

B. Les images : exemples de représentations cartographiques de la Corse dans le territoire français

Sur la plupart des représentations cartographiques de la France, la Corse se distingue par l’encart qui la borde. Les cartographes sont obligés de composer avec la distance qui sépare la Corse des côtes et recourent au subterfuge de l’encart qui rapproche des territoires éloignés. Certes, l’encart est marqué pour indiquer le trucage, toutefois, si l’on comprend bien l’impératif cartographique qui préside à ce mode de représentation et si l’on ne peut que saluer l’honnêteté de la signature, il convient de considérer qu’il souligne plus encore la singularité de l’île dans le territoire national.
Un coup d’œil sur quelques représentations cartographiques à l’entrée « France » dans Le Petit Larousse illustré, permet de le comprendre. Dans la plupart des représentations, c’est le dispositif de l’encart situé en bas à droite - c’est-à-dire au Sud-Est - qui est retenu, comme on peut le constater dans les éditions les plus récentes du Larousse [15].

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La France (in Petit Larousse Illustré, Paris, Librairie Larousse, 2007).

Toutefois, cette représentation standard a parfois été abandonnée au profit d’autres méthodes. Ainsi, dans les trois pages de cartes que le Petit Larousse illustré de 1981 [16] propose à l’article « France » on note de sensibles variantes. La première page de carte représente la répartition de la population, la deuxième est une carte physique, la troisième représente la France de l’industrie. Dans les cartes principales des deux premières pages, l’encart comprenant la Corse est placé en bas à gauche, au mépris de sa situation effective. L’encart est ici disposé non selon la logique d’esquisse de situation mais pour rentabiliser l’espace vacant. Il n’y a plus de place en bas à droite, en revanche, la nécessaire représentation du Finistère breton laisse un blanc atlantique qui peut accueillir l’encart de la Corse - tout de même reporté en bas, pour suggérer sa position au sud -. Si le mode de représentation de ces deux pages interroge sur la place de l’île dans le territoire national, la troisième page laisse plus perplexe encore. En effet, ce jeu de cinq cartes représente la localisation par secteur des principales industries. Quatre de ces cartes, dont la plus grande, ne représentent pas la Corse, au motif certainement que les industries sectorielles n’y sont pas présentes. Une nouvelle fois, l’appartenance territoriale de l’île est cartographiquement mise en doute. Dans l’ensemble de cette édition du Petit Larousse, la représentation de la Corse est sacrifiée à des contraintes de place.

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La France (in Petit Larousse Illustré 1981. 1980. Paris : Librairie Larousse).

Or, les représentations cartographiques sont des instruments délicats qui peuvent faire l’objet de lectures idéologiques. Victoire Canale, militante indépendantiste l’exprime ainsi : « Il faut insister sur le rôle de l’insularité dans la résistance de la formation sociale corse : la frontière persiste au-delà des mesures administratives, le territoire est délimité jusque dans la conscience des habitants. Il suffit à l’écolier corse de regarder une carte géographique de la France pour que le trait noir qui sépare la Corse et la France prenne valeur de symbole » [17].

C. L’histoire : Evolution de la dénomination de la Corse

De « l’isle de Corse » à « la Corse »

La Corse n’a pas toujours été désignée de la même façon. Pendant longtemps, « isle » était systématiquement accolé au nom de la Corse pour ensuite disparaître avec l’acculturation française. En effet, la France et ses voyageurs, cartographes puis administrateurs, l’ont longtemps nommée « isle de Corse », dans la lignée de l’appellation italianiste « isola di Corsica » ou même déjà latine puisque les premières cartes portent le titre Corsicae insulae. Ainsi, jusqu’au XVIII° siècle, les documents qui la mentionnent parlent tous de l’« isle de Corse », mais c’est au moment où la France assied son pouvoir dans l’île que la terminologie évolue : en 1789, on parle encore des ordonnances concernant les droits du roi dans l’Isle de Corse [18]. En revanche, avec la création du département en 1790, on ne parle plus d’« Isle de Corse », les députés sont appelés « députés de Corse ». Au fil du XIX° siècle et encore plus au XX° siècle, l’insularité est officiellement gommée. Le géographe Michel Biggi rappelle que : « Une fois républicanisée et francisée, l’île corse ne fut plus qu’un ou deux départements, une référence et même récemment une Collectivité Territoriale mais plus jamais une île. Le statut particulier de la Corse en 1982 ne mentionne jamais le mot « île » » [19]. La négation de l’insularité laisse entendre que le mot et la notion d’« île » sont dangereux pour l’unité territoriale, comme le suggérait Abraham Moles quand il affirmait que « l’existence des îles est en soi attentatoire à l’autorité de l’État ». [20]

Vicissitudes contemporaines du vocabulaire insulaire

Rayée du vocabulaire officiel, l’« île » revient peu à peu comme marqueur de spécificité et exhortation à la défense de la Corse, identitaire ou économique. Ainsi à la fin du XIX° siècle, les débats à l’Assemblée Nationale s’enflamment autour de la rhétorique de « l’île oubliée » [21]. Dès 1920 l’hebdomadaire A Muvra [22] se fait la voix de l’île oubliée. Ce bulletin régionaliste de l’île de Corse [23] inaugure le mouvement corsiste et remet la nature insulaire de la Corse au cœur de la réflexion. Le discours anti-français qu’il recèle ne tarde pas à être récupéré par le mouvement irrédentiste italien [24]et à partir de 1927, le quotidien de Livourne Il Telegrafo lance Voci dell’isola di Corsica, une feuille hebdomadaire en Corse. Et l’on constate que la Corse retrouve ici son appellation d’avant la domination française, son statut d’ « isola » qui l’isole performativement de son cadre national.
La Deuxième Guerre mondiale précipite les événements, mais la contestation en germe reprend après guerre et s’intensifie avec les Trente Glorieuses [25] lorsque la Corse se sent seule à ne pas bénéficier de l’euphorie économique. En 1963 est crée le Comité d’Action et de Promotion de la Corse qui sera remplacé en 1967 par Mouvement Revendicatif Insulaire (MRI) qui remet l’insularité de la Corse au cœur de la revendication. Le vocabulaire de l’île est plébiscité pour les protestations car il marque la spécificité à laquelle l’État doit répondre. C’est pourquoi les mouvements autonomistes qui s’éveillent dans les années 70 s’emparent avec force de la notion d’ « île ». A titre d’exemple, notons que le texte fondateur du Front régionaliste corse s’intitule Main Basse sur une île. [26] Autre symbole fort, la carte d’identité corse imprimée en 1976 par l’UPC [27] porte les armes patriotiques de l’Isula di Corsica. Déjà en 1973 pour protester contre le scandale écologique des Boues rouges avait été organisée la première manifestation Isula morta. Ce sera désormais le nom consacré des journées de grève générale qui bloqueront l’île, chaque fois que la société corse cherche à témoigner son mécontentement envers l’État [28]. Plus récemment, en 1989, face à la politique de continuité territoriale lancée par l’État, l’ensemble de la société corse a réagi en demandant plus de compensations à la situation d’insularité, et en réclamant « une prime d’insularité » [29]. Cette prime, accordée et régulièrement renégociée depuis, n’a jamais été officiellement appelée « prime d’insularité » par l’État. De façon très éloquente, ce nom est celui que seuls les Corses lui donnent.
Les symboles de l’île et de l’insularité ont donc bien été accueillis par une société corse, qui ne s’est pourtant pas toujours pensée comme insulaire. Cette émergence de la conscience insulaire en Corse semble même s’effectuer après que l’insularité a été vécue comme un handicap [30]. Il y a là une véritable inversion du stigmate au point qu’aujourd’hui l’insularité semble s’être imposée comme une des clefs et des symboles de la corsitude.

III. Dynamisme de la figure de l’île en Corse : quelques indices du lien avec la revendication d’une reconnaissance identitaire

La rhétorique insulaire s’est largement intensifiée au gré des revendications identitaires qui se sont installées dans l’île depuis les années mille neuf cent soixante.

A. Récupération de l’image de l’île : logos, affiches, tags

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Le logo de la Collectivité Territoriale de Corse est remarquable : la forme de l’île est associée à celle de l’Hexagone. Les deux formes sont mêlées mais se distinguent par les structures de hachures qui les composent. Il ne s’agit pas que de contour, la substance chromatique et graphique même diffère : La Corse est représentée par une teinte sombre qui contraste avec la couleur claire qui dessine l’Hexagone ; on peut d’ailleurs noter que la France continentale est stylisée, géométrisée, quasi abstraite donc tandis que la Corse garde un contour plus réaliste et plus courbe. La spécificité - et la proximité affective - de la Corse est donc visuellement affirmée, sans pourtant éclater totalement le cadre national. C’est le modèle le plus couramment adopté par les institutions consulaires et autres collectivités locales, comme l’illustre également le logo de l’institution qui a précédé la Collectivité territoriale de Corse, à savoir la Région de Corse : le cadre national est esquissé à l’arrière-plan, déréalisé par le pointillé et l’abstraction, tandis que la stylisation de l’île, dynamique et charnue s’y inscrit en même temps qu’elle s’en démarque.
A l’inverse, les partis politiques régionaux se passent majoritairement de cet arrière-plan hexagonal et n’utilisent que l’image de la Corse. Ainsi la seule forme de l’île stylisée a été le symbole de l’Azzione pè a Rinascita Corsa (l’ARC, Action pour la Renaissance de la Corse) depuis les années mille neuf cent soixante-dix, semblable à celle qu’on la voit trôner en première page du manifeste Autonomia [31].

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Cette évolution jusqu’à l’abstraction de la silhouette de la Corse qui se veut incisive sera déclinée jusqu’à plus soif en pendentifs et graffitis. Plus encore que la tête de maure ou que la forme plus réaliste de la Corse, c’est cette Corse stylisée qui symbolise l’engagement autonomiste [32]. D’une façon générale, il convient de considérer que la figure de l’île est devenue un support visuel archi-usité qu’arborent en pleine page une profusion de couvertures de magazines régionalistes. L’île devient référence.

B. Récupération du thème insulaire : musique, littérature, journalisme

La Musique

Du Riacquistu jusqu’à nos jours, la production littéraire et artistique de l’île a largement utilisé le mot et le symbole de l’île. Le tableau ci-dessous est réalisé par DIGAMUSIC, une base de données en ligne [33] qui recense les sorties musicales corses [34]. Ce document comporte deux formations dont le nom évoque très directement l’île : Isula et Isula Bella. On compte ensuite quatre albums dont le titre renvoie à l’île : Isula d’Antoine Ciosi, Isula de Petru Guelfucci, Isulamea d’Isula et Isulanima de Soledonne. Du côté des titres de chansons, ce ne sont pas moins de 18 morceaux différents que l’on recense (certains titres étant repris sur différents albums d’un même groupe ou chanteur).

Titre du morceau Interprètes Titre de l’album
Isula Antoine Ciosi Antoine ciosi 1981
Isula Antoine Ciosi Isula 1981
Isula Augustin Mariani 20 ans de chansons
Isula bella Isula bella Canta Corsica 2001
Isula Bella Isula Bella Corse 1998
Isula Bella Isula Bella Piu chè mai
Isula brusgiata Patrimoniu è creazione Quandu crea u scularu 2000
Isula brusgiata (instrumentale) Patrimoniu è creazione Quandu crea u scularu 2000
Isula citatella Giramondu Un’ideale 1995
Isula di signori I Fratelli Fratellenza 1988
Isula di signori I Fratelli Les plus belles chansons 2003
Isula di sognu Ange Damiani Isula di sognu
Isula d’oghje Albinu Guardendu a l’insu 1996
Isula donna Eric Mattei Ipseita 1990
Isula idea Petru Guelfucci Isula 1987
Isula idea Petru Guelfucci Ricordu, 25e anniversaire 1999
Isula idea Terra Chants et Polyphonies Corses 2003
Isula idea Terra Corsica, les secrets d’une terre 2002
Isula idea Terra Mar’ e Monti 2003
Isula madre I Campagnoli Lass 97 1997
Isula mea Tony Toga A voce
Isula morta E duie Patrizie Scuprendu l’alba corsa 1978
Isula Rossa Charles Rocchi Florilège 1996
Isula stana Canta u Populu Corsu Rinvivisce 2001
Isula valsa Raffo Barthy Sérénade Corses 1990
Isulamea Isula avec Joseph Figarelli et Jacky Micaelli Isulamea 2002
Isulanima Soledonna Isulanima 2001
Isule I Muvrini Jalalabab + inédits giru 2002 2002
Isule surelle Antoine Ciosi Ciosi 2000 2000

Au-delà du simple aspect quantitatif, il convient de voir combien dans les titres qui l’invoquent, l’île est associée à des affects ou des concepts forts. Nous pouvons noter des qualificatifs laudatifs ou conjoncturels, tels qu’Isula bella (belle île), ou Isula brusgiata (île brulée). Mais la récurrence des notions de refuge est plus frappante encore : on trouve ainsi Isula citadella (île citadelle), Isula stana (île tanière) qui évoque la sécurité et la douceur maternelle, tout comme Isula madre (île mère) vécue également intiment. Les mots-valises Isulamea (mon-île) et Isulanima (île-âme) indiquent une relation de fusion, et enfin l’île ets présentée comme archétype matriciel avec Isula idea (île-idée).

Littérature

On peut faire les mêmes remarques concernant le champ littéraire. De nombreux ouvrages littéraires corses affichent, dès leur titre, la marque de la conscience insulaire [35].

Auteur Titre Date Editeur
Petru Rossi Isula sola 1986 U ribombu
Marie-Gracieuse Martin- Gistucci L’île interieure 1987 Ajaccio : La Marge
Antoine Ottavi L’île de Saveria 1988 Paris : Gallimard (Collection Blanche)
Eugène Mannoni L’insulaire 1988 Paris : Fallois
Paul Silvani L’archipel des Corses 1991 Ajaccio : La Marge
Marie Susini L’île sans rivage 1989 Paris : Le Seuil
Jean Brunati et al., ouvrage collectif Corse défense d’une île 1992 Marseille : Editions Autres Temps (collection Autres Temps)
Ghjuvan Ghjaseppu Franchi Isulitudine : nuvelle bislingue è altri scritti 1992 Ajaccio : La Marge
Janine Leconte-Raffali Contes de l’isle 1992 Editions Lacour-Ollé
Marie-Jean vinciguerra La Corse au miroir des îles 1992 In Etudes Corses, n°8
Marie Ange Sebasti Presqu’une île 1997 Ajaccio : La Marge
Paul Silvani L’île d’à côté 1998 Marseille : Autres Temps
Pierre Poggioli Corse : Chronique d’une île déchirée, 1996-1999 1999 Paris : L’Harmattan
Collectif : Nouvelles de Méditerranée Isule leterarie/ Des îles littéraires 2000 Ajaccio : CCU
Jérôme Camilly L’ombre de l’île 2003 Paris : Léo Scheer
Drazen Katunaric (traduit en corse par Jacques Thiers) Isolamania 2004 Ajaccio : Albiana
Jean-Pierre Girolami L’insulaire 2006 Grenoble : Critères Editions

La quantité de titres porteurs d’insularité est significative, et même s’il est difficile d’établir dans quelle mesure ils correspondent au choix des auteurs ou des éditeurs profitant d’une vogue, il n’en est pas moins incontestable que l’insularité est devenue une thématique brandie, voire vendeuse.

Presse

En ce qui concerne les périodiques, il faut noter un titre emblématique dans les années mille neuf cent quatre-vingts : le très vivant mouvement associatif s’est alors structuré en Fédération culturelle - baptisée A Falce - et la revue en langue corse qu’elle lance en 1984 s’intitule Isule. Aujourd’hui encore, la presse régionale n’est pas en reste. Le vocabulaire de l’insularité l’émaille fréquemment et de nombreux articles abordent cette thématique. La Corse, votre hebdo, supplément hebdomadaire de l’unique quotidien régional, le Corse-Matin, arbore en première page un bandeau « Toute la vie insulaire » depuis janvier 2002 [36]. Dans le même esprit, le coupon d’abonnement du magazine propose de « continuer à vivre l’île » et se définit comme « le magazine de la vie insulaire ».
Indéniablement, la figure de l’île est largement exploitée en Corse. Mais il convient à présent de voir comment l’insularité est pensée par les instances de réflexion.

C. Investissement scientifique du concept

Nous proposons ici quelques jalons bibliographiques pour sonder l’évolution de la prise en compte de l’insularité, et les analyses qui en font une clef de compréhension.
Janine Renucci est l’auteur d’une thèse intitulée Corse traditionnelle et Corse nouvelle, la géographie d’une île [37] (1975). Dès l’introduction, elle dresse un historique de l’idée selon laquelle l’évolution des îles a ses rythmes propres, et interroge : « Existe-t-il une infirmité des îles ? ». De cette thèse sera tiré un résumé pour la collection Que sais-je ? [38] . Les différentes rééditions dont il fut l’objet au cours des vingt dernières années montrent comment la perception de l’insularité évolue. D’abord seulement présentée comme un handicap au développement, elle est peu à peu désignée comme un argument-clef de la thèse d’identité corse spécifique, qui doit être prise en compte. [39] L’approche géographique de l’insularité se renouvelle encore plus clairement dans les années 1990, avec Joseph Martinetti, auteur d’une thèse intitulée Insularité et marginalité en Méditerranée occidentale, l’exemple de la Corse [40]. Il cesse de considérer l’insularité comme un paramètre parmi d’autres, pour en faire une clef de compréhension [41]. L’étude de la stricte insularité physique est donc bien dépassée et cède le pas à une étude des représentations qui s’y rattachent. Ainsi, la réflexion sur l’insularité est également nourrie par des disciplines annexes. Des réflexions plus collectives sont lancées sur le sujet [42], mais c’est avec les travaux de la sociologue Anne Meistersheim que le concept d’insularité s’affirme réellement en Corse. De sa thèse d’État écrite en 1989, Territoire et insularité [43], à son ouvrage-phare, Figures de l’île [44], elle ne cesse d’affirmer l’île comme objet de recherche privilégié et espace de la complexité. Dès 1983, elle a en outre créé au sein de la jeune université de Corse l’Institut de Développement des Iles Méditerranéennes (IDIM) [45], un laboratoire de recherches qui a permis l’organisation de nombreux colloques pluridisciplinaires [46].
Dans le sillage de ce dynamisme nissonologique, l’évolution des publications encyclopédiques corses est significative : les six premiers tomes du Mémorial des Corses, écrits dans les années 1980-81, n’enregistrent aucune occurrence d’ « insularité ». En revanche, le dernier tome, de 1999 [47] atteste l’apparition de la thématique insulaire [48]. Et l’Encyclopediae Corsicae, datant de 2004, est désignée en sous-titre : l’encyclopédie de l’île de Corse. Au total, l’index général de l’encyclopédie indique que le terme « île » apparaît dans 27 articles des tomes d’anthropologie, et dans 19 articles du tome de sciences politiques ; « insularité » apparaît deux fois dans le volume de sciences naturelles, une fois dans les volumes d’histoire, et une autre dans le tome de sciences politiques.
Les ouvrages de vulgarisation emboîtent le pas. Le CRDP de l’Académie de Corse publie un numéro de synthèse sur la Corse intitulé La Corse, une région insulaire [49]. De son côté, le journaliste Jean-Louis Andreani cherche à expliquer la question corse aux continentaux dans Comprendre la Corse [50], un essai pédagogique dont le premier chapitre présente la corsitude comme une synthèse d’insularité, de méditerranéité et de francité [51]. Il explicite en définissant l’insularité qu’il érige en « clef essentielle de compréhension. » Le même Jean-Louis Andreani a d’ailleurs poursuivi son effort pédagogique, avec la publication d’une synthèse intitulée La Corse, Histoire d’une insularité [52].

Conclusion

Considérées comme « autres » par leurs voisins continentaux, les îles sont donc des espaces qui finissent par se considérer, voire se revendiquer intrinsèquement comme « autres ». L’exemple corse le montre bien à travers la grande fortune du concept d’insularité qui, en dépit de sa complexité, semble s’être imposé à la faveur du regain identitaire engagé sur l’île depuis le Riacquistu des années 1960-70. Il a cessé d’être confiné au vocabulaire universitaire et s’est banalisé, au point qu’on peut parler d’émergence d’une conscience insulaire en Corse comme prolongement d’une conscience identitaire. La figure de l’île semble être plébiscitée car elle connote la spécificité, et redouble l’altérité entre continent et île. La différence semble ainsi d’autant plus irréfutable qu’elle est matérialisée par une réalité géographique.
Pourtant, si de multiples discours – même scientifiques – consacrent ce concept, sa pertinence épistémologique n’est pas unanimement reconnue et fait encore l’objet d’un vif débat. La géographe Nathalie Bernadie-Tahir [53] a récemment ouvert la voie de la contre-insularité en s’engageant dans son dernier ouvrage contre les quatre « I » habituellement associés à l’insularité – immobilisme, isolement, imaginaire, identité : « L’insularité ne peut être considérée comme le fondement géographique d’un fonctionnement social, économique, sociétal, politique et culturel spécifique, mais bien plutôt comme la projection spatialisée a posteriori d’une production identitaire cherchant dans le cadre territorial la légitimité de sa distinction ». N. Bernardie-Tahir, en insistant sur la dimension idéologique de la rhétorique insulaire, rappelle que comme tout autre, le concept d’insularité est lui aussi un concept construit.

[1] ERNOUT, A et MEILLET, A. 1994 (4e éd.). Dictionnaire étymologique de la langue latine, Histoire des mots. Paris : Klincksieck.

[2] DU CANGE. 1938 (nouveau tirage). Glossarium mediae et infimae latinitatis. Paris : Librairie des sciences et des arts.

[3] Trésor de la langue française disponible sur le site http://atilf.atilf.fr/tlfv3.htm (pages consultées le 3 avril)

[4] BATTAGLIA, Salvatore (dir). 1977 (2° ed.). Grande dizionario della lingua italiana (21 tomes). Torino : UTET.

[5] SIMPSON, JA (prepared by). 1989 (second edition). The oxford english dictionnery ( XX tomes). Oxford : Clarendon Press.

[6] LESTRINGANT, Franck. 2002. Le livre des îles, Atlas et récits insulaires de la genèse à Jules Verne. Genêve : Droz. p.24.

[7] DIODORE DE SICILE. « Iles, en particulier de Méditerranée, livre V ». In : Bibliothèque historique. Paris : Edition Adolphe Delahays (1851).

[8] LESTRINGANT, Frank. 2004. « La voie des îles », pp.113-122. In : Médiévales, n°47. Paris : PUF, automne 2004.

[9] MOLES, Abraham. 1982. « Nissonologie ou science des îles », pp. 281-289. In : l’Espace Géographique, n°4.

[10] Ainsi Iles des merveilles : mirage, miroir, mythe organisé à Cerisy en 1993 (REIG, Daniel (dir). 1997. Iles des merveilles : mirage, miroir, mythe. Paris : L’Harmattan.), celui organisé en 1998 au Congrès National des Sociétés Historiques et Scientifiques, intitulé Les îles, du mythe à la réalité, ou encore les travaux de Franck Lestringant ou d’Eric Fougère

[11] CECCALDI, Mathieu. 1988 (2° édition). Dictionnaire Corse-français, pieve d’Evisa. Paris : Editions Klincksieck.

[12] Site de l’ADECEC, page isula, disponible sur http://adecec.net/infcor/ricerca.ph... consultée le 21 mars 2007.

[13] ROSSI, Petru. 1986. “Isula sola”. In : U Ribombu.

[14] FRANCHI, Ghjuvan Ghjaseppiu. 1992. Isulitudine. Ajaccio : La Marge.

[15] Petit Larousse illustré. 2007. Paris : Librairie Larousse.

[16] Petit Larousse illustré 1981. 1980. Paris : Librairie Larousse. Nous nous excusons de la qualité particulièrement piètre de la deuxième reproduction, rendue délicate par le franchissement de l’inter-page.

[17] CANALE, Victoire. « Encore et à nouveau sur la question nationale corse ». p.25. In : Cuntrasti, n°2. Mai 1983.

[18] POMPONI, Francis (dir). 1981. Le Mémorial des Corses. Tome 1, ouvrage cité supra, pp.442-477.

[19] IDIM (ed.). 2006. Les îles malgré l’Europe. Les cahiers de l’IDIM revisités. Bastia : Materia Scritta .

[20] MOLES, Abraham. Ouvrage cité supra, p.57.

[21] Dans les discours du député Emmanuel Arène en particulier.

[22] C’est exactement le15 mai 1920 qu’est lancé A muvra, dont le titre, signifiant « le mouflon », utilise la figure de l’animal symbole d’invulnérabilité et de liberté corse.

[23] POMPONI, Francis (dir). 1981. Le Mémorial des Corses. Tome 4. L’île éprouvée, 1914-1945. Ajaccio : Le Mémorial des Corses, p.96.

[24] En 1927 également est crée en Corse le Mouvement Irrédentiste avec Francesco Guerri. Pour plus de précisions sur ce chapitre, nous renvoyons à la lecture de POMPONI, Francis (dir). 1981. Le Mémorial des Corses. Tome 4, ouvrage cité supra, pp. 228-238.

[25] Ibidem.

[26] Front régionaliste corse. 1971. Main Basse sur une île. Paris : Martineau.

[27] Unione di u Populu Corsu. Encart paru dans Arritti à partir de 1977. reproduit In : BERNABEU-CASANOVA, Emmanuel. p.208.Ouvrage cité supra.

[28] La première journée Isula morta s’organise en 1973 contre le scandale des Boues Rouges ; on en recense en 1976 pour marquer la solidarité avec Edmond Simeoni jugé pour les faits d’Aléria, en 1980 suite à l’affaire Bastelica-Fesch, ainsi qu’en 1995 pour l’obtention d’une prime de transport. Affiche reproduite In : DIANI, François. Canta u Populu Corsu, ouvrage cité supra, p.119.

[29] Sur ce chapitre, nous renvoyons à BIANCARELLI, Bernard, « Mouvements sociaux , un corps qui bouge » In : ARRIGHI, Jean-Marie et VINCIGUERRA, Marie-Jean (dir). 1999. Le Mémorial des Corses. Tome 7, Chroniques de fin de siècle 1981-2000. Ajaccio : Albiana, pp.142-148.

[30] RENUCCI, Janine. 1975. Corse traditionnelle et corse nouvelle, géographie d’une île. Lille : Service de reproductions des thèses Université de Lille III (thèse présentée devant l’université de Lyon II le 19 janvier 1973).

[31] Reproduit In : POMPONI, Francis (dir). 1981. Le Mémorial des Corses. Tome 5. De l’histoire à l’actualité, 1945-1980. Ajaccio : Le Mémorial des Corses.

[32] Ibidem, p. 90.

[33] Site consultable sur http://www.digamusic.com.

[34] Données consultables sur http://www.digamusic.com/chansonsi.html.

[35] Les informations suivantes sont extraites du Ghjurnale di a messagera , n° 6 été 1993. Numéro spécial catalogue, du numéro 38 de la revue Etudes corses sortie en 1992 (Numéro spécial Activité littéraire en Corse), ainsi que du catalogue général des livres de Corse, imprimé en 2007 par l’Association des éditeurs corses.

[36] Premiers numéros hebdomadaires du 16 juillet au 22 août 1999.

[37] RENUCCI Janine, 1975. Corse traditionnelle et Corse Nouvelle, la géographie d’une île. Lille : Service de reproductions des thèses Université de Lille III (thèse présentée devant l’université de Lyon II le 19 janvier 1973.

[38] RENUCCI, Janine. La Corse. 1982, 1986, 1991, 1996, 1997, 2001. Paris : P.U.F. (collection Que sais-je ?)

[39] RENUCCI, Janine, ouvrage cité supra, 1997.

[40] MARTINETTI, Joseph. 1989. Insularité et marginalité en Méditerranée occidentale. L’exemple corse. Ajaccio : Le signet.

[41] Travail prolongé dans Le regard des géographes français sur la Corse (XVIII-XIX°). Strade, n°9. décembre 2001 Dans le prolongement de ses premiers travaux, il dirige en 2001 un numéro de la revue Strade consacrée au regard des géographes français sur la Corse et sur son insularité, puis en 2002, c’est à la revue Etudes corses qu’il livre une présentation de Marmocchi, géographe de l’Italie pré-unitaire qui a travaillé sur la Corse.

[42] Ainsi en 1987, la revue Peuples Méditerranéens (n°38-39, janvier-juin 1987) qui publie régulièrement sur la Corse lui consacre un numéro entier sous le titre L’île paradoxe. En écho à cette livraison, à la fin de l’année 1987, le Centre d’Etudes Corses d’Aix-en-Provence organise un colloque intitulé L’île miroir.

[43] MEISTERSHEIM,.Anne. 1991. Territoire et insularité, le cas de la Corse. Paris : Publisud.

[44] MEISTERSHEIM, Anne. 2001. Figures de l’île. Ajaccio : DCL.

[45] IDIM (ed.). 2006. Les îles malgré l’Europe. Les cahiers de l’IDIM revisités. Bastia : Materia Scritta , p.11.

[46] En 1992, Ajaccio accueille une rencontre autour du thème « Suds et îles méditerranéennes, Terres d’initiatives ou terres d’assistance ? » Mais l’événement le plus emblématique est « L’Ile-laboratoire » organisé en 1997. MEISTERSHEIM, A. (dir). 1998. L’île laboratoire. Actes du colloque de l’Université de Corse, 19-21 juin 1997. Ajaccio : Ed. Piazzola.

[47] ARRIGHI, Jean-Marie et VINCIGUERRA, Marie-Jean. 1999. Le Mémorial des Corses. Tome 7, chronique de fin de siècle 1981-2000. Ajaccio : Albiana. telle que Construction européenne et insularité qui revient sur le statut fiscal de la Corse, Eurisles et IMEDOC, ou des îles, la Méditerranée et l’Europequi développe surtout les questions de l’insularité de petite taille, les coûts de l’insularité, la fragilité des petites économies, et la nécessaire coopération inter-îles.

[48] ROMBALDI, Michel. « Les îles, la Méditerranée et l’Europe ». In : Le Mémorial des Corses, Tome 7, ouvrage cité supra, pp.309-319.

[49] FLORI, Renée et al. 1996 [1986]. La Corse, une région insulaire. Ajaccio : CRDP, CTC.

[50] ANDREANI, Jean-Louis. 2004 (1999).Comprendre la Corse. Paris : Gallimard.

[51] Ibidem, p.18.

[52] ANDREANI, Jean-Louis (ed). 2005. La Corse, histoire d’une insularité . Paris : Le Monde et Librio (n° 673).

[53] BERNARDIE-TAHIR, Nathalie. 2008. L’autre Zanzibar. Géographie d’une contre-insularité. Paris : Karthala.

 

 

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