Le changement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, les crises économiques et sociales imposent d’imaginer un nouveau modèle de développement qui constitue une alternative acceptable au modèle dominant fondé sur les industries lourdes et la gouvernance par les marchés financiers. Le modèle alternatif doit répondre à un nouveau paradigme respectueux des valeurs portées par le concept de développement durable : proximité, solidarité, équité et écologie politique. Un tel modèle, qui constitue une rupture assez profonde avec le modèle contemporain, est à imaginer et à construire. Pour cela l’innovation, sous toutes ses formes (technologique, économique, sociale et managériale) constitue un outil incontournable. La problématique de du programme est donc double : innover au service du développement local dans un contexte d’interdépendance planétaire des différents territoires (économie d’archipel selon P. Veltz) et assurer une transition pacifique du modèle dominant vers le modèle alternatif.
Le système alimentaire est « la façon dont les hommes s’organisent pour produire, distribuer et consommer leur nourriture » (Malassis, 1997). La nourriture étant, selon un proverbe chinois, « le ciel du peuple », l’alimentation constitue un objet de recherche de première importance. Focalisé sur l’exploitation agricole familiale ou villageoise pendant des millénaires, le système alimentaire a subi un changement radical en moins d’un siècle pour devenir un « modèle agroindustriel tertiarisé (MAIT) » intensif, spécialisé, concentré, financiarisé et globalisé. Le MAIT, très performant au plan micro-économique, est générateur d’externalités négatives préoccupantes (pandémies d’origine alimentaire, pollutions, asymétries et disparités sociales). Pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux du XXIe siècle, et notamment pour assurer la sécurité alimentaire (au sens large de la FAO) de 9 milliards de personnes à l’horizon 2050, de nouveaux modèles de production-commercialisation-consommation alimentaire doivent être inventés. La problématique du programme « systèmes alimentaires » est clairement centrée sur l’innovation en termes de produits (biens et services) et d’organisation des différents acteurs tant publics que privés (locale/territoriale, nationale et internationale). La production d’innovation doit prendre en compte l’extraordinaire diversité des systèmes alimentaires présents aujourd’hui dans le monde, leurs trajectoires historiques et spatiales. Elle doit s’appuyer sur une approche multidisciplinaire et prospective.
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